La BD de genre(s) et Sina Grace en dédicace !

Quelques approches contemporaines

Quand la société change, nos BD évoluent elles aussi ! Nos libraires, Katell et Sacha, se sont particulièrement intéressé·e·s à certaines productions… Pour la peine, on s’est dit qu’il serait intéressant de vous parler des titres qui nous ont plu et que nous allons mettre en avant durant le mois de juin à l’intérieur comme à l’extérieur de notre magasin, sur table, en vitrine, et en organisant une super dédicace !

Car oui, à l’occasion du mois des fiertés, Momie BD Paris souhaitait d’autant plus mettre en avant des titres et des auteur·ice·s avec des approches contemporaines et queer ! Et pour l’occasion, nous redécorons aussi notre boutique à l’extérieur, avec de jolies bandes de toutes les couleurs qui s’inviteront sur nos murs.

Qu’est-ce qu’on entend par « BD de genre » ?

La bande dessinée de genre, nous l’appréhendons généralement dans un sens large, de la fiction de type fantastique, du polar ou de la science fiction. Et ici, jouant sur le double sens du mot « genre », nous nous nous focalisons sur des approches plus contemporaines, avec une majorité de voix féminines, et beaucoup de personnages LGBTQ. De tels personnages ont longtemps été oubliés par la bande dessinée (comme par la littérature en général !), on ne va pas se mentir…

Mais n’oublions pas non plus que l’enjeu en bande dessinée, durant le vingtième siècle, c’était surtout de défendre ce nouveau support illustré et prouver sa valeur ! On faisait ses petites histoires de personnages aux gros nez, pleines de gags et d’onomatopées, et on était souvent malheureusement méprisés pour ça ! En effet, pour les premiers auteurs de BD, le combat (professionnel) a été de faire exister ce genre dans des périodiques, à côté des « vrais livres », puis d’obtenir que les histoires soient republiées sous forme d’albums, par des éditeurs. La bande dessinée a subi en son temps le même sort que le jeu vidéo plus tard, ou les séries télé… Un mépris pour la culture « populaire », un jugement défavorable d’après les critères fixés pour un autre genre, et la comparaison avec un medium de référence installé depuis bien plus longtemps dans les milieux culturels élitistes. Comme toute construction, cela prend du temps ! Peut-être fallait-il, en parallèle d’une évolution des codes, des mœurs et des habitudes sociétales, que la BD acquière ses lettres de noblesse, afin de pouvoir s’ouvrir à des thématiques plus (young)adultes et s’adresser à un public varié.

Depuis une quinzaine d’années, le boom du roman graphique, l’arrivée des autrices et de la queerness en BD, ou l’intersection entre BD et manga, ont fait pour beaucoup dans l’élargissement des horizons ! C’est ainsi que nous avons vu apparaître de nouveaux personnages – très différents des héros de BD traditionnels –, et un intérêt pour de nouvelles thématiques. C’est dans cette même dynamique que peuvent à présent briller la romance (un genre profondément renouvelé) et naître le webtoon ou le youngadult ! Et ce que l’on constate, c’est que tous ces sujets s’épanouissent d’autant plus dans la littérature et la bande dessinée de genre !

Connaissez-vous les collections Waves chez Delcourt et Combo chez Dargaud ?

Aujourd’hui, les éditeurs ont bien compris que les lecteurs veulent des approches différentes des notions de couple, de genre, de sexualité, de romance, et même tout simplement des choix forts de personnages féminins ou queer tout aussi capables de mener des aventures !

C’est ainsi que Dargaud a développé Combo, décrite sur le site de l’éditeur comme une collection qui « propose des récits de genres classiques en les actualisant d’un point de vue graphique mais aussi narratif notamment grâce à l’extrême proximité avec les personnages et les enjeux qui les traversent. Et comme toujours, la fiction permet d’aborder beaucoup de grandes problématiques de société propres à chaque génération : l’écologie, les questions de genre, de sexualité ou d’identité.« 

Delcourt de son côté se lance cette année dans le youngadult, avec Waves, présentée comme « la collection des premières fois : des premiers amours, des premiers conflits, des premiers doutes, ou encore des premières victoires. […] Les thématiques abordées seront en lien direct avec les problèmes de société que les lecteurs vivent au quotidien : l’inclusion sociale, l’orientation sexuelle, les névroses comme l’anxiété ou la dysmorphie, les traumatismes comme le deuil ou le harcèlement, la pression scolaire… »

Bref, des collections réellement ancrées dans leur époque, à l’écoute d’un public jeune, et souvent attachées à une vision plus inclusive.

Et nous, on adore ça !

Il est temps de passer à une sélection (non exhaustive) faite par Katell et Sacha…

Chez Waves :

Fangirl (T1 à 4)
Par Rainbow Rowell et Gabi Nam – une série à la frontière des genres entre romance, fantasy et comédie, et un dessin très inspiré du manga.
Almudena , le temps d’un été
La rencontre d’une jeune fille avec son père face à la barrière de la langue, par Samuel Teer et Mar Julia.
Eurydice & Et à la fin ils meurent
Deux titre de Lou Lubie, une autrice habituée du documentaire teinté de témoignage, qui fait infuser ses réflexions dans un épisode de mythologie grecque revue à la sauce youngadult.
Le Jardin, Paris & Minuit Passé
Par Gaëlle Geniller, une autrice que toute notre équipe ADORE, dont la délicatesse se retrouve autant dans son dessin que dans l’écriture de ses personnages.
M is for Monster de Talia Dutton
Une réécriture à la Frankensister.

Chez d’autres éditeurs :

  • Flavor girls (dont le tome 2 sort le 05/06 !) justement sous le label Combo !
  • Le Spa de Maïa Neel (la fille de Julien Neel, qui assure la relève !)
  • La Passe-miroir (belle adaptation de Christelle Dabos par Vanyda !)
  • Lyndon & Rebis au Lombard par Irene Marchesini et Carlotta Dicataldo
  • Ados à deux de la célèbre Tillie Walden
  • Pepouze (une petite de fantaisie féministe !) de Clerpée, Claire Loup, et Thomas Vieille
  • Fantasy de Yoann Kavege (on est impressionné par le double sens de lecture du livre, un objet hors du commun !)
  • La langue des vipères de Juliette Brocal chez Rue de Sèvres

Et la dédicace dans tout ça ?

Au courant du mois de juin, l’équipe de Momie BD aura l’honneur de recevoir Sina Grace, artiste américain queer (dont vous pouvez découvrir le point de vue sur la représentation ici), qui nous proposera en dédicace la traduction française de sa bande dessinée youngadult Ghosted in L.A. !

Ayant travaillé pour le comics plus traditionnel, sur des licences telles que Superman ou Iceman, il a aussi fait des projets plus personnels, tels que Self-Obsessed ou Not My Bag (qui n’ont pas été traduits en français pour le moment).

Cette dédicace le 17 juin est l’occasion de rencontrer l’auteur, de passage en France, et de se lancer dans la lecture d’une histoire fantastique, qui mêle chagrin d’amour, fantômes, et diversité dans la vie d’une jeune femme qui s’installe à Los Angeles !

Pour participer, prenez votre pack dédicace en cliquant sur ce bouton !

En conclusion…

Jetez-vous sur ces pépites, tentez de nouvelles lectures, venez chez Momie BD pour plus de conseils de lecture, et partez à la rencontre des auteur·ice·s qui renouvellent toujours plus le monde de la BD !